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Des humeurs et des jours

Anachroniques contemporaines

Cuisse de nymphe émue

Cherché et trouvé dans des textes d'écrivains attentifs aux correspondances entre sensations et sentiments des noms de couleurs rares. Rimbaud bien sûr qui teinte les voyelles pour toujours : le A noir des mouches éclatantes, le E blanc des frissons d'ombrelles , le I rouge de la colère des ivresses pénitentes, le U vert des vibrements divins des mers virides, le O bleu et ses strideurs étranges...  Giono aussi : il veille au miroitement de ce rouge de cinabre qui rassure l’œil et l'amuse ; et cette jeune fille enroulée dans ses voiles de soie aux larges yeux noirs d'almée... Jean-Marie Mauvert de Gouvest enfin dans ses "Lettres Iroquoises" : "Les femmes […] demandèrent au Chevalier quelles étaient les couleurs les plus en vogue ; il leur répondit qu'on portait maintenant le soupir étouffé, la cuisse de nymphe émue, les désirs satisfaits, la passion dévorante, le lendemain de noces. On raisonna beaucoup sur toutes ces couleurs […]. 

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