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Des humeurs et des jours

Anachroniques contemporaines

Impermanence du chemin

Les sentiers sont les témoins d’une civilisation qui rechigne à disparaître. Ils ne sont pas des voies de circulation, ils sont la charpente d’un paysage, la signature de la présence humaine et d’un système antique.
Retrouver le chemin : la tâche semble aisée. Regardez le sol, les vieux chemins y sont encore en traces. Ils sont le lien entre les foyers où l’on repose et les parcelles où l’on peine. Le chemin est une cicatrice légère du quotidien, la marque dans la terre de la multitude des pas de ceux qui ont vécu là. Regardez les bordures, vous y trouverez l’escorte des buissons éprouvés, les ombres immuables des arbres veilleurs et les stigmates des avidités humaines. Le vieux chemin se plisse dans la campagne jusqu’en devenir invisible, ride légère presque effacée, suivant la courbe des lisières. Il semble parfois hésiter, osant de furtives intrusions, quittant les frayés anciens pour tenter de couper court à travers les prairies voisines.
Vint alors le temps des aménageurs… Et avec eux les remembrements, les plans locaux de randonnée (PLR).
Là où mon vieux chemin faisait le timide, composait avec humilité, le sentier de randonnées nouveau fait acte d’autorité. Le remembrement est passé comme un coup d’éponge sur un tableau d’école. Un brouillis de craie grise sans mémoire. Un ensorcellement, parfois, surgit inattendu ; il vient s’y quereller avec les talus trop propres et retrouver les confidences des pierres enfouies.
 

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