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Des humeurs et des jours

Anachroniques contemporaines

Curieuses pâleurs

Ma mère est morte il y a deux ans et je cherche chaque jour pourquoi cette blessure ne cicatrise pas, pourquoi se dissimule au fond de moi un enfant inconsolable. Je lis Albert Cohen et il me dit ce que j’aurais aimé dire.
- Fini, fini, plus de Maman, jamais. Nous sommes bien seuls tous les deux, toi dans ta terre, moi dans ma chambre. Moi, un peu mort parmi les vivants, toi, un peu vivante parmi les morts.
- Chaque homme est seul et tous se fichent de tous et nos douleurs sont une île déserte.
- Mais j’étais un fils. Les fils ne savent pas que leurs mères sont mortelles.
- Le terrible des morts, c’est leurs gestes de vie dans notre mémoire. Car alors, ils vivent atrocement et nous n’y comprenons plus rien.
- Pleurer sa mère, c’est pleurer son enfance. L’homme veut son enfance, veut la ravoir, et s’il aime davantage sa mère à mesure qu’il avance en âge, c’est parce que sa mère, c’est son enfance. J’ai été enfant, je ne le suis plus et je n’en reviens pas.
 

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