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Des humeurs et des jours

Anachroniques contemporaines

Le ressenti ment

Sont-ils les sacrifiés de la modernité ? Certes puisqu'ils le ressentent ainsi. Sont-ils les délaissés d'un pays mondialisé ? Certes puisqu'ils le ressentent ainsi... Alors ils défilent, indifférents toutefois à ceux qui ont déserté la centre de la rue pour chercher refuge sous les porches, sur des bouts de trottoirs, dans des recoins abandonnés, résignés d'en être arrivés à ce stade ultime de l'exclusion qu'est l'asphaltisation quotidienne. Ceux qui défilent : les "fragiles", vocifèrent contre les "tranquilles" et les "agiles" pour qui l'avenir n'est pas une angoisse ; ils en ignorent les désormais "inutiles" qui les regardent passer d'un œil morne... Pourtant les solidarités collectives sont là, comme autant d'amortisseurs des accidents de la vie ; on ne meurt plus de faim dans la France d'aujourd'hui... La révolte de ceux qui occupent le centre de la rue n'est pas le cri désespéré de ceux qui n'ont plus rien. Pourtant leur misère est sincère puisqu'ils la ressentent ainsi. Est-elle réelle ? N'est-elle pas surtout une misère de situation, une misère de frustrations ? Pour eux, de désirs inassouvis en craintes de déclassement, le balancement des ressentiments est une épreuve décourageante. Leur colère est une colère de perdants, pas une colère de perdus.

 

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