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Des humeurs et des jours

Anachroniques contemporaines

Chez Olive

Je mange en solitaire ce midi chez « Olive », dans le quartier du château. Doublement solitaire : je mange seul (j’en profite pour écrire sur mon carnet) et il n’y a personne d’autre dans la salle. Personne non plus dans le quartier. Tout semble mort, comme un jour du mois de novembre quand il pleut …

Il me faut, de temps en temps, rester un  long moment silencieux et taciturne, comme pour me purger de l’envahissement de la vie extérieure. 

Pour certains, la solitude est une désolation. Ils sont désertés par les autres et abandonnés par eux-mêmes. Mais pour celui qui a appris à aimer la solitude, ces moments où il se trouve ensemble avec lui deviennent nécessaires. C’est là que se construit sa pensée, que se cultive sa conscience. Je peux alors dialoguer utilement avec les autres. "Dans la solitude, veiller à être un monde à soi-même", disait mon ami Montaigne.

Je sais que je promène ma solitude dans une foule de contrariétés : ma gêne de l’autre (promiscuité), l’autre que je gêne (incivilité) et mon existence qui n’est plus qu’une transparence pour des forces qui me sont invisibles, que je ne connais pas et qui me gouvernent en m’épiant. L’autre – alter – est un défi continu pour mon appétit de solitude. Par chance, il se prête à des calembours multiples qui le rendent souriant : pratiquer l’altérophilie (aimer l’autre), se désaltérer (quitter les autres)…

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