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Des humeurs et des jours

Anachroniques contemporaines

Notules pour Olivier

Olivier est prof à l’université de Pau. Il a organisé avec ses étudiants en master les 9èmes Rendez-vous de l’innovation touristique (RIT 9) au château de Franqueville sur le thème de l’œnotourisme. Je devais conclure cette journée de travail. Mais, je n’ai pu le faire, contraint par l’horaire du couvre-feu… J’écris donc à Olivier pour m’excuser :

Cher Olivier,
Désolé d’avoir dû partir avant la fin du RIT 9. Cette édition était une réussite car elle combinait clarté des exposés et variété des sujets abordés. Tes étudiants ont été très bons dans l’ensemble et j’ai beaucoup apprécié la ferveur de certain(e)s intervenant(e)s. C’était un joli voyage. Il m’inspire quelques futures errances éthyliques qui ne seront pas toutes avouables.
Je voudrais aussi te faire part de quelques réflexions qui me sont venues tout au long de la session. Je te les livre en vrac, telles que je les ai notées sur mon carnet :

1.    Bordel ! qu’est-ce qu’elle dit celle-là : on ne va pas se mettre à « prévoir l’innovation », c’est tout aussi inconséquent que de vouloir inventer le passé. 
2.    Le seul volontarisme est un moteur poussif ; il est la promesse de beaux échecs.
3.    Ma demande est : «  Je ne veux pas que tu me fasses boire un bon vin ; je veux que ce vin me raconte une histoire… son histoire… mon histoire… Chaque verre doit contenir la mémoire de mes souvenirs évanouis… »
4.    Et le paradoxe dans tout ça, c’est que le plaisir suprême du boire est de ne pas savoir, ne pas pouvoir l’exprimer. Il y a là une âme fugace qui se moque des mots qui veulent la saisir.
5.    Se méfier des techniciens, des goûteurs professionnels, et de leur langage réifié. Le langage des pros est par nature un langage voué à l’incompréhension. Un patois minuscule, juste compris par ceux qui le parlent… indistinct à tous les autres.
6.    Ce discret passage du territoire au terroir : de nommé (un nom, des frontières, une géographie, des outils…) à l’innommable (l’étrange combinatoire de terres, de climats, de savoir-faire et de notoriété…) 
7.    Veiller à préserver la symbiose entre le vin et ce qui l’entoure : (la truffe), les paysages, l’histoire, les arts, la littérature…
8.    Au fur et à mesure des présentations, j’ai noté qu’il fallait un vrai talent de funambule pour se dépatouiller de toute ces dialectiques diaboliques : visiteurs lointains ou voisins, génération X,Y ou Z et boomers… et cette foultitude d’initiatives.
9.    L’imagination est sans cesse convoquée : l’impératif est de ne jamais être en panne d’une idée nouvelle. D’ailleurs, face à toutes ces idées étalées, le problème n’est plus de savoir si elles sont bonnes ou mauvaises, mais simplement de saisir si elles sont fertiles.
10.    M’est revenu en mémoire juste avant de partir ce concept très ancien d’hétérotopie qu’utilisaient, avec des tonalités différentes, Henri Lefèbvre et Michel Foucault : cette désignation des lieux concrets qui hébergent l’imaginaire. Voilà qui colle bien avec l’œnotourisme.

Salut l’ami, et encore merci.
 

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