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Des humeurs et des jours

Anachroniques contemporaines

Légéretés

Je suis au balcon, tout en haut de la salle de concert. Je la vois au loin, posée comme une libellule minuscule, sur la scène… Fayçal, le chef, d’un geste bref lance l’orchestre. Chantal Aguer, par deux coups discrets de timbale commence, tout aussitôt relayée par les bois qui chantonnent une lente mélodie… Mayumi semble intimidée, elle lance vers l’assistance des regards d’oiseau apeuré… Elle pose le violon (un Guarnerius) sur son épaule et, avec une aisance inattendue, elle reprend le thème et papillonne tout autour. Je ne vois plus qu’elle. Oublié l’orchestre ; oublié le chef ; oublié le public… Il n’y a plus que ses doigts légers et son corps, si mince, si fluide, qui se font musique.

Tout le concerto sera légèreté, émotion et intensité. L’effet est considérable. Une ovation retentissante jaillit dès la dernière note : la salle applaudit, applaudit, et crie « Bravo ! Bravo ! » On aura droit à trois bis.

C’était hier soir au Palais Beaumont, le concerto n°1 de Max Bruch avec Muyumi Kanawaga en soliste.
 

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