Anachroniques contemporaines
Je veux dédier ce poème A toutes les femmes qu’on aime Pendant quelques instants secrets A celles qu’on connaît à peine Qu’un destin différent entraîne Et qu’on ne retrouve jamais A celle qu’on voit apparaître Une seconde à sa fenêtre Et qui, preste,...
Tu aurais pu, comme Sandrine choisir les sentiers étroits des Pyrénées ; durant 51 jours du levant au couchant, prendre le pouls des montagnes, à « monter, descendre, monter… monter, descendre, monter… », et en ramener de lumineux poèmes (1). Tu aurais...
Il arrive que des faits ordinaires de la vie quotidienne vous tsunamisent l’esprit. Il y a, dans une rue de Pau, un homme, visage buriné et sombre, tête baissée, accroupi, les jambes croisées, toujours installé à la même place, toujours vêtu de la même...
Nicolas Grimaldi écrit : De même que le langage est ce qui permet le mensonge, de même n'y-a-t-il de mimique qui ne puisse être un grimage. L'image que les autres ont de nous, nous voilà donc condamnés à l'imaginer, sans qu'il n'y ait sourire, caresse...
C'est un plaisir simple du printemps : s'installer seul (ou seule) au soleil à la terrasse d'un café, laisser la ville bourdonner, brouhahader et tintamarrer (Ah ! le Grand Prix !) autour de vous, puis écrire et lire... c'est tout. C'était un plaisir...
Je suis très nombreux à faire ce matin la lente promenade sur le boulevard des Pyrénées…juste pour « se saouler de printemps », porter loin le regard vers le sud, s’assurer que les montagnes immuables sont là. Se redire Toulet : « Mais rappelez-vous le...
Roland Barthes évoquait sa jeunesse sur les rives de l’Adour « Il n’est de Pays que d’enfance », Puissance des lieux, permanence du lien. Il y a ceux pour qui cette enfance est un fardeau. Les textes qu’Isidore Ducasse écrivit dissimulé derrière le comte...
1er mai... C’est de notre incapacité à comprendre et à admettre l’extrême diversité des hommes et de leur manière de vivre et d’être ensemble, l’extrême disparité de leurs ressources et leurs situations, l’extrême enchevêtrement de leurs désirs et de...
Le vélo est à la mode. Politiquement parfaitement correct. Inscrivez dans votre programme : « Je veux rendre la ville au vélo ! », vous aurez des applaudissements, jusque sur les bancs de l’opposition. Ce n’est pas moi, ardent pédaleur depuis l’enfance,...
TROIS CRITIQUES SUR ECRITS EPARS Quand on lit le résumé, on sent que vont se côtoyer des éléments très différents. On n'imagine pas alors que ce sont 43 textes, 43 histoires que l'on va parcourir. Après un bref mot de l'auteur appelé " Alerte ! ", qui...
Deux ouvrages trouvés chez un bouquiniste palois me ramènent plusieurs années en arrière. Le premier est un livre édité chez Marrimpouey Jeune intitulé : « L’Espagne corps et âme » écrit par Raymond Ritter ; le second est le catalogue de l’exposition...
Il n’y a que dans les catalogues de fournitures pour collectivités que l’on se persuade que les bancs publics sont du mobilier urbain. Il faudrait, rien que pour eux, créer une rubrique « bien commun » Vincent Schaller, président du directoire de Sineu...
Ce n’est pas parce que je dis tout que je suis entendu ; ce n’est pas parce que je le dis clairement que je suis compris ; ce n’est pas parce que je le dis sincèrement que je suis cru. Quoi qu’elle dise, ses mots n’avaient pas d’importance ; seuls comptaient...
On marche en groupe compact depuis une heure … On a suivi une route pour sortir de la ville, puis une sente bétonnée qui faisait une montée abrupte, on a traversé de longs sous-bois, franchi des barrières … A l’arrivée au somment du mont Saint-Sauveur,...
P'tain de nostalgie ! Quel encombrant sentiment ! Voilà que ce sont les yeux de Marie Dubois qui m'envahissent ce matin. Pourquoi ? Ils sont sublimes. Et beaucoup plus. De certains yeux on dit qu'ils pétillent d'intelligence, les siens sont intelligents....
Brève visite au domaine de Malagar, près de Langon, avec mon amie. C’est la demeure de François Mauriac et, parfois, il m’arrive de m’y arrêter. C’est un endroit apaisant où l’écrivain passait de longues heures à construire ses romans torturés. Je l’imagine...
Il y a 71 ans, le mois de juillet était chaud en Béarn. Ce petit coin de la plaine du Pont-Long était tranquille, retiré des zones habitées, à l’abri des regards. Ce jour-là, les quelques paysans qui trainaient alentour avaient été priés de rentrer chez...
Ecouté Philippe Claudel au Parvis à Pau où il présentait son dernier livre "L'arbre au pays Toraja". Ce qui donne son titre au livre, c'est cette fascinante coutume de ce pays d'Indonésie lorsqu'un meurt un enfant. On confie le corps au tronc des arbres....
2015 est-elle historique comme on l’entend si souvent ? Nous étions prévenus. Souvenez-vous de ce livre paru il y a un peu plus d’un an qui avertissait « chaque siècle à sa quinzième année est confronté à des réalités historiques qui modifient le cours...
Il arrive que l'on ouvre, sans trop savoir pourquoi des écrits qui s’empoussièraient tranquillement sur une étagère, oubliés. Beaucoup méritent amplement cet oubli et ne plus les déranger est un joli service à rendre à leur auteur. Et puis, il y a parfois...
Trouvé chez ma bouquiniste préférée cet opuscule de quelques dizaines de pages, vilainement maquetté, aux couleurs fanées ; le genre de petit bouquin auquel habituellement on ne prête pas attention. Pourquoi m’y suis-je arrêté un instant ? Le titre certainement...
Pour dire la réalité, le chemin le plus court est parfois l’imaginaire… Voici donc une fable : l’histoire d’un coup de foudre. Un homme rencontre une femme ; ils fuguent ensemble dans le vignoble bordelais. De la fenêtre de la chambre, il voit l’enfilade...
La rue grise grouille d’hommes et de femmes tristes, muets, pressés … Je les imagine venant d’un chez-soi étroit, encombré d’objets désespérants : un lit au matelas creusé, un fauteuil malcommode, des casseroles salies que l’on n’a jamais le temps de...
La commune, c’est ce que l’on a en commun. Elle s’organise autour de lieux marqueurs des fonctions collectives : l’église qui parle d’éternité, la mairie qui parle du présent et l’école qui prépare le futur, le cimetière et le monument aux morts qui figent...
Relu René Char... Il est des lieux où tant d'hommes et de passé sont ensevelis que la terre en est lourde ; elle transmet à celui qui veut bien s'en pénétrer une force intense et secrète : on devient multitude. Multitude inquiète car "notre héritage n'est...